Émissions de GES par secteur et par gaz précurseur


Les émissions annuelles de GES anthropiques en Nouvelle-Aquitaine poursuivent leur baisse en 2018 (-2,2 % par rapport à 2017), pour atteindre 48,5 millions de tonnes équivalent CO2 (données semi-définitives). Après la baisse observée entre 2016 et 2017 (-2 %), la tendance se confirme, du fait notamment d'un repli important des émissions dans les secteurs résidentiel (-9 %) et tertiaire (- 3%), conséquence d'un hiver très doux qui a eu pour effet de diminuer les besoins énergétiques et les émissions de GES associées à ces consommations.

L’évolution des émissions sur la période 1990-2018 a été marquée par une croissance soutenue entre 1990 et 2005 (+11 %) puis un recul entre 2005 et 2018 (-13,9 %). Depuis 2014, les émissions régionales de GES se situent en dessous du niveau de 1990.

 

Infographie des émissions régionales de GES en 2018 par secteur

Sources : AREC, ATMO Nouvelle-Aquitaine, ADEME (Clim'Agri), DGPR, CITEPA

Mise à jour : février 2020 (données novembre 2019)

Répartition par secteur : le transport et l’agriculture sont les premiers postes émetteurs

Les secteurs des transports et de l’agriculture occupent une part importante dans le mix régional des émissions de GES, loin devant les secteurs de l’industrie, du résidentiel, du tertiaire et du traitement des déchets. L’importance des deux premiers secteurs en région s’explique par le caractère rural du territoire. Dans le cas du transport, il s’agit quasi exclusivement d’émissions d’origine énergétique, pour lesquelles la contribution du mode routier écrase tous les autres modes. Le poids du secteur agricole se justifie par les importantes émissions d’origine non énergétique (fertilisation des sols agricoles, fermentation entérique, gestion des déjections animales).

Infographie des émissions régionales de GES en 2018 par type de gaz précurseur

Sources : AREC, ATMO Nouvelle-Aquitaine, ADEME (Clim'Agri), DGPR, CITEPA

Mise à jour : février 2020 (données novembre 2019)

Répartition par type d’émissions et par gaz : un poids important des émissions énergétiques et du CO2

Les émissions de GES d’origine énergétique représentent plus des deux tiers des émissions régionales de GES. Il s’agit quasi exclusivement d’émissions de dioxyde de carbone (CO2) résultant de la combustion d’énergie fossile à des fins énergétiques : chauffage, production d’électricité, transport, procédés industriels… Les émissions non énergétiques sont principalement des émissions de méthane (CH4) de protoxyde d’azote (N2O), de gaz fluorés, mais également des émissions de dioxyde de carbone liées au procédé de décarbonatation dans les cimenteries et autres grandes industries minérales de la région.

Évolution annuelle des émissions de GES par secteur et par gaz

Sources : AREC, ATMO Nouvelle-Aquitaine, ADEME (Clim'Agri), DGPR, CITEPA

Mise à jour : février 2020 (données novembre 2019)

Analyse par secteur : un bilan plus contrasté

Les émissions liées aux secteurs du bâtiment (tertiaire et résidentiel) et du transport (transport de marchandises et déplacement de personnes) sont en forte hausse entre 1990 et 2018 (respectivement +21,2 % et + 13,1 %). À l’inverse, l’agriculture (-8,3 %) mais surtout l’industrie (-49,5 %) voient leurs émissions de GES baisser significativement.

Pour les secteurs du résidentiel et du tertiaire, les améliorations en matière de performance énergétique des bâtiments et les changements d’énergie ne permettent pas de compenser la forte augmentation des surfaces construites, notamment dans le secteur tertiaire. En matière de transport, la croissance des émissions est directement reliée à celle de la consommation énergétique qui se justifie par l’augmentation de la mobilité des particuliers et par l’explosion du trafic de poids lourds sur les 30 dernières années.

Dans l’agriculture, les émissions de l’élevage - qui prennent en compte les émissions directes dues aux déjections animales et la fermentation entérique - ont reculé, du fait de la baisse des cheptels ruminants, principalement bovins. Les émissions des sols agricoles sont également en baisse, en raison d’une moindre utilisation des engrais azotés. En ce qui concerne le secteur de l’industrie, la baisse des émissions depuis 1990 s’explique par plusieurs facteurs : la désindustrialisation locale de l’économie, la diminution de la consommation d’énergies au contenu carbone élevé (substitution du charbon et des produits pétroliers au profit du gaz, de l’électricité et du bois) et les efforts réalisés par les industries minérales (cimenteries, tuileries, verreries et autres) dans la réduction des émissions de GES liées à la décarbonatation. Fin 2017, l'arrêt du four de la cimenterie de La Couronne (16) améliore sensiblement le bilan des émissions régionales de gaz à effet de serre.

Analyse par gaz : le CO2 d'origine énergétique en hausse

La décomposition des émissions de GES en fonction des types de gaz permet de comprendre les évolutions des émissions sur les 30 dernières années : on constate ainsi que ce sont principalement les émissions d’origine énergétique (CO2 en très grande majorité) qui sont en progression depuis 1990, de manière globale mais plus particulièrement dans les secteurs du transport et du bâtiment (résidentiel/tertiaire).

Inversement, les émissions non énergétiques sont orientées à la baisse : il s’agit pour la plupart d’entre elles des émissions de méthane et de protoxyde d’azote dans l’agriculture, ainsi que des émissions du secteur du traitement des déchets. Cette baisse des émissions dans ces deux secteurs est toutefois limitée par la hausse des émissions de gaz fluorés, tout particulièrement dans le secteur tertiaire, pour lequel les émissions de ce type de gaz ont augmenté de près de 400 % depuis 1990 (usage de la climatisation).